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Stalk me on the internet

Posts by sdufaux

Article publié sur cominmag.ch – rubrique com.stratégique, ainsi que dans l’édition papier (septembre 2010)

A revolution doesn’t happen when society adopts new tools,
it happens when society adopts new behaviors.  — Clay Shirky

En quasi 30 ans, les nouvelles technologies ont imposé un changement continu et radical à notre culture : augmentation de la participation (conversation, collaboration…), socialisation (on est très loin de l’image de la geek esseulée du film “Traque sur Internet” avec Sandra Bullock en 1995), fragmentation des médias (multiplication des canaux, points de contact), ubiquité, transparence, facteur ludique, accessibilité au plus grand nombre, toujours “ON”, mobile, géo-localisation (ici et maintenant, le recoupement du virtuel et du local). Cette évolution a influencé le métier de planner et la façon d’envisager notre communication contemporaine.

Né dans le Londres des années 60, – époque où le marketing se pratiquait dans les agences et pas encore au sein des entreprises -, le planning est la discipline de l’application de la connaissance à une problématique. Il fait appel à deux compétence essentielles : la compréhension du consommateur et du marché, mais aussi la capacité à organiser cette connaissance afin de 1) stimuler la création (agence) pour 2) servir les objectifs du client.

En 2010, être planner dans un monde post-digital consiste à réfléchir et à cultiver sa connaissance au quotidien en incluant les technologies émergentes et collaboratives. Il ne s’agit plus de donner une impulsion unique à la communication du client pour créer une campagne, mais d’entrer dans un processus itératif et évolutif: écouter, comprendre, participer, évaluer. En privilégiant le travail sur l’influence plutôt que le contrôle, le dialogue plutôt que le monologue, le post-digital soutient ce que l’utilisateur fait et créé avec les produits et les contenus mis à disposition par la marque. Exit la marque qui impose sa vision au consommateur.

Alors, Strategic Planner ou Digital Planner? Le titre semble bien moins important que la réelle
capacité de réflexion, de mise en perspective et surtout de compréhension des problématiques de la communication moderne, en particulier des problématiques digitales. Certes, les compétences de base du planner n’ont pas changé. C’est un knowledge applicator doublé d’un mercenaire chargé d’explorer et de comprendre la marque, les comportements du consommateur en prenant en considération aussi bien les aspects culturels qu’économiques. La culture. Le mot est lâché! Le moins que l’on puisse attendre d’un planner c’est qu’il soit autant dans le faire que dans le dire, non?

Encore un livre de stratégie et de modélisation? Oui et… non en fait. Celui-ci est un outil de Business Model exclusivement. Il enseigne les techniques d’innovation pratique utilisées par les plus grandes entreprises et marques au monde: Amazon, Lego, Apple, Nespresso et bien d’autres. Un méthodologie éprouvée permettant appréhender, comprendre, concevoir et implémenter les modèles d’affaire innovants.

Oeuvre d’une dizaine d’années de recherche et de la collaboration d’Yves Pigneur (@ypigneur), professeur HEC à Lausanne et d’Alex Osterwalder (@business_design) en crowdsourcing avec prêt de 500 contributeurs, le tout exprimé avec force dans un graphisme clair et stimulant signé par l’atelier graphique The Movement.

Synopsis
Disruptive new business models are emblematic of our generation. Yet they remain poorly understood, even as they transform competitive landscapes across industries. Business Model Generation offers you powerful, simple, tested tools for understanding, designing, reworking, and implementing business models.
Business Model Generation is a practical, inspiring handbook for anyone striving to improve a business model — or craft a new one.

Par ailleurs, Alex Ostwalder a profité de cet événement pour annoncer la sortie en octobre prochain d’une application iPad dédiée, dont voici la présentation des premières ébauches: Business Model Foundry.

Si vous n’étiez pas à l’événement First Rezonance du jeudi 16.09.2010, voici l’introduction (à quelques détails prêts et en version rapide) qu’Alex Ostwalder nous a offert.

Pour en savoir plus

Le site promotionel de l’ouvrage Business Model Generation, avec un PDF preview gratuit de cet ouvrage essentiel. Le blog des deux co-auteurs, à lire absolument: Business Model Alchemist.

La chaîne britannique de supermarchés Waitrose sait comment séduire le client sur le lieu d’achat. Avec un packaging dépouillé, lisible et qui met en valeur le produit… brut. Depuis plusieurs année, Waitrose fait un effort particulier sur ses marques maison, mais cela est sans compter sa ligne Cook’s Ingredients (ci-dessus et dernière photo de l’article) dont la simplicité fait l’efficacité.



Le magazine Monocle consacrait récemment un article au grand distributeur britannique pour l’ouverture prochaine de konbini sur le modèle des fameux convenience stores de proximité japonais, – on pense à Lawson et Family Mart au Japon. PS: A prononcer  Familimalto au pays du Soleil Levant pour vous faire comprendre. Il faudra donc retourner au pays du Cream Tea pour tester.

Lors de ma récente visite, j’ai eu l’occasion de passer un bon moment à me balader dans les rayons d’un Waitrose pour me faire une idée, décortiquer les différents packaging et partir à la recherche de produits improbables. C’est l’une de mes activités favorites en voyage, je l’avoue: passer des heures à m’extasier devant des murs d’épices, de lessives, de confitures ou simplement au rayon shampoing pour des marques et produits qui n’existent pas en Suisse ou comble de l’insolence des produits absolument identiques mais brandés et packagés différemment selon les marchés. Cela me fait penser à Ovaltine au Vietnam, mais ceci est une autre histoire….

Au sujet de la simplicité du packaging, ce très bon article du blog Unstage propose quelques travaux marquants.

Réinventer ce que nous consommons c’est bien, mais réinventer la manière de consommer, c’est mieux!

Telle est la thèse défendue par Rachel Botsman et Roo Rogers dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine What’s Mine Is Yours: The Rise of Collaborative Consumption. Plus sur le site Collaborative Consumption.

Cela me rappelle que j’apprécie Mobility pour la culture du Car-Sharing qu’il propose en Suisse; que si un service de location/prêt tel que ecomodo existait dans notre pays, on pourrait offrir de prêter sa perceuse qui ne sert que tous les tremblements de terre; que si quelqu’un ne sait pas quoi faire de sa résidence secondaire à New York, San Francisco, Tokyo ou Amsterdam (autres destinations sur demande) prenne contact avec moi, je veux bien faire un Appart-Sharing; que j’attends toujours la livraison de mon iPhone 4, alors que mon iPhone 3 moribond exprime encore dans un dernier souffle le minimum des services que l’on peut attendre d’un smartphone. Mais le Smartphone-Sharing, je ne suis pas prête, d’ailleurs personne. Cet objet est devenu trop… personnel.

(via swissmiss)


Aujourd’hui 1er septembre, des musées du monde entier participent à l’action Ask a Curator et invitent chacun à poser des questions sur le monde de l’art. Il s’agit d’un projet visant à démystifier et rendre plus populaire l’accès à l’art, son histoire, sa science et ses techniques. Belle initiative.

Alors comment conserver une oeuvre? Quels sont les nouvelles acquisitions de la collection? Comment gérer le transport et le montage d’installations complexes? Quels sont les problèmes majeurs en conservation d’oeuvre? Sur le site vous trouverez la liste des musées participants (Who to ask?) à l’action. Mais vous pouvez aussi tout simplement suivre le hashtag #askacurator pour accéder à l’ensemble des conversations.

Bien que le projet soit international, les musées… disons anglophones sont les principaux acteurs à avoir répondu présents. En France et en Suisse, force est de constater que des musées de valeur ont mis la main à la pâte sans pour autant qu’il s’agisse des top of mind habituels. En Suisse, aucuns Kunsthaus, Musée Olympique ou Fondation Beyeler, seule la Maison d’Ailleurs a répondu présent. Vous pouvez leur tweeter votre question: @maisondailleurs.

Les grands musées bouderaient-ils les réseaux sociaux? S’il n’est pas compliqué de créer un compte Twitter, en revanche il est moins aisé de mettre en place une stratégie de médias sociaux qui ne s’essouffle pas après 2 mois faute de vision, d’objectifs, de ressources… et de persévérance. Il n’est pas suffisant de se “payer” une stratégie sociale encore faut-il savoir l’implémenter et surtout adopter au sein de l’entreprise (oui le client doit mettre la main à pâte, ce n’est pas une campagne d’affichage!) une attitude sociale de partage propice à la participation.

En Suisse, les médias sociaux suscitent un intérêt, mais encore de la méfiance. Ils sont à priori perçus comme faisant exclusivement partie du silos communication, voir pire publicité (grave erreur!), or ils touchent à tous les aspects de l’entreprise du département Recherche & Développement aux Ressources Humaines en passant par le Service Clientèle et le Marketing. Au début des années 2000, le même problème déchirait les entreprises: le site internet est-il de la responsabilité du services IT ou de la communication?

Enfin, si votre présence sur les médias sociaux est destinée à vous crédibiliser dans votre écoute et votre volonté à dialoguer, ce n’est pas l’affaire d’une campagne de 3 mois sous forme de broadcasting sur Facebook et Twitter qui vous sauvera. Tout cela est ludique oui, mais ce n’est pas un jeu, c’est un changement de paradigme à long terme qui risque bien de bouleverser l’organisation interne et les processus de collaboration de votre entreprise.

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Doléances et bon exemple (bref retour: 02.09.2010)
Malgré une annonce faite par le musée (ci-dessous), Maison d’Ailleurs n’a pas répondu à ma question. Cela démontre que les belles promesses nécessitent une mise en place de ressources avec au minimum un monitoring pour savoir si l’on discute de votre marque et ce qu’il en est dit.

La Tate est très active sur les plateformes digitales, elle a ainsi mis les moyens avec plusieurs curateurs qui se sont succédés tout au long de la journée. Le programme et les rendez-vous avec des experts spécifiques, communiqué au préalable sur le blog et sur la Fan Page Facebook, ont permis à l’utilisateur de découvrir différentes facettes du célèbre musée.

Deux approches diamétralement opposées, vous en conviendrez.

(via Good)

A la question “acceptez-vous les notifications push lors de l’installation d’une app sur votre smartphone?” (When downloading a new app do you accept the push notification?) plus de 8 personnes sur 10 déclarent refuser.

Trois possibilités complémentaires pour les utilisateurs:

  • Ne pas être incommodé par des intrusions intempestives de ces services et les musèlent d’emblée. Ainsi l’app Le Monde permet de lire le quotidien sans recevoir des alertes “breaking news”;
  • Protéger sa vie privée: autoriser les services push et parfois la porte ouverte à un service de géolocalisation associé à l’application;
  • Ménager la durée de vie de la batterie de son smartphone: La multiplication de service push est très gourmande en énergie.